suite de l'article de Claude Guignard
L’acquis de cette grande dépression a certes été la connaissance de « ce qu’il ne faut pas faire, à savoir la politique du président républicain de l’époque, Hoover ».Ben Bernanke , le
président de la FED, très bon connaisseur de la Grande Dépression, a donc mené la bonne politique en alimentant le crédit, en soutenant l’ industrie et en refusant au protectionisme , et il a
su convaincre le président B.Obama de la validité de ces mesures..
Mais on est bien obligé de constater que ces mesures pertinentes, si elles empêché le tsunami de 1929, n’ont pas permis de ramener l’économie américaine dans une situation stable de croissance.
Cela veut dire que on reste dans la spirale dépressive : croissance du chômage, chute de la consommation, problèmes industriels, difficultés de paiement des particuliers, problèmes des petites
banques, resserrement du crédit. Et les effets des plans de relance vont forcément s’affaiblir…
On peut être optimiste et compter sur les zones de croissance (Chine, Inde, Brésil) pour relancer la machine économique mondiale. Or ces zones de croissance sont toutes dans des pays non
industrialisés , en position de concurrence pour l’approvisionement en matières premières et à terme pour la suprématie économique. Ils disposent de réserves de croissance de productivité
importantes et posent d’ores et déjà le problème de la répartition des rôles dans l’économie mondiale.
Dans l’histoire industrielle, la pays ayant perdu la suprématie ne la reconquiert pas, et elle va vers le pays le plus étendu et peuplé : deuxième partie du XIX° siècle, l’Angleterre, première
partie du XX°, l’Allemagne, deuxième partie du XX° les Etats-Unis. Il faut remarquer aussi que la durée de la suprématie est environ cinquante ans.
Un niveau décent de croissance est indispensable dans nos sociétés dont la base est la solidarité entre générations qui ne peut durer si les plus jeunes n’ont pas l’espoir d’une amélioration de
leur sort.
Il faut prendre en compte les déficits publics dont en vérité seule une inflation contrôlée peut venir à bout, c'est-à-dire une diminution des patrimoines des plus âgés pour alléger la charge
des plus jeunes.
Il y a donc menaces sur beaucoup de nos activités : menace sur nos industries des pays asiatiques, menace sur certaine activités de services (Inde en services informatiques ou en recherches
pharmaceutiques), menace sur notre agriculture, bloquée sur des positions régressives face aux géants sud-américains, turcs ou d’(Europe de l’Est).
Le défi est réellement effrayant : il faut repositionner notre pays (et plus généralement l’Europe) dans la compétition mondiale à terme, alors qu’on manque à la fois de temps et
d’argent.
Que faire pour retrouver un minimum de croissance, dans un environnement de plus en plus compétitif, alors qu’il faut repositionner ou réorienter industrie, services et agriculture et qu’il n’y a
pas beaucoup d’argent.
1° Il faut faire des choix pour les productions à moyen terme,(c'est-à-dire privilégier les points ou notre position est forte), tout en gardant le maximum d’ouvertures au niveau de la
Recherche.
2° Il faut toujours valider les investissements de développement par des raisonnements quantitatifs, économiques, de marketing en tenant compte de la compétition à venir. Il faut arrêter les
affirmations non argumentées et globales s’appuyant sur des effets de mode qui nuisent aux réflexions sérieuses qui sont indispensables. Il faut aussi arrêter les raisonnements du type : il faut se
dépêcher, car tel pays fait…Même si c’est vrai, l’environnement étant différent, il faut en tenir compte. Le panurgisme n’a jamais été source de résultats positifs.
Tout investissement doit obligatoirement générer soit des gains de productivité permettant d’améliorer la compétitivité des produits existants, soit à terme de mettre sur le marché
international du futur des produits compétitifs.
Les résultats de ces investissements doivent être suivis dans le temps, avec les mises à jour résultant des avancements et veille de l’état de la concurrence.
Pour la partie recherche industrielle, le suivi des pôles de compétitivité constitue une bonne donnée de base.
Il va de soi que les industriels concernés sont impliqués dans l’établissement des objectifs et prennent des engagements, comme c’est le cas pour Renault-Nissan, Peugeot et EDF sur la voiture
électrique et hybride et comme c’est naturel puisqu’il y a généralement une intervention étatique.
2°) Nos priorités doivent intégrer d’autres priorités nationales, éventuellement européennes : indépendance énergétique, indépendance stratégique, indépendance alimentaire, rayonnement
culturel,etc
3°) Il faut certes un maximum de coordination européenne, sans angélisme car nos amis sont aussi nos concurrents, mais aussi des coopération que j’appelle clien-client ou client-fournisseurs.
Comment consulter les acteurs économiques, dégager un consensus,élaborer une « feuille de route » ?
La commission Attali a été une formule qui a mobilisé les parties prenantes, en bénéficiant de l’expérience étrangère, et d’arriver à un résultat suffisamment consensuel pour être
exploité dans un temps raisonnable.
Je propose de réfléchir à une démarche similaire, en analysant la différence des objectifs pour en déduire une formule attractive.