Après Copenhague, les Scientifiques doivent reprendre l’initiative.

Il fallait être bien naïf pour attendre des résultats d’un  concile,  dans lequel la Science était invoquée comme une déesse aux arrêts certains et inflexibles, cependant que les contraintes de la vie terrestre, comme par exemple la nécessité de survivre pour une partie importante de l’humanité, étaient superbement oubliées. On est bien obligé de reconnaître le procédé  très ancien d’institutions qui exigent de grands sacrifices immédiats pour de grands bénéfices dans une vie ultérieure. Il faut d’ailleurs reconnaître un progrès, puisque dans notre cas, les bénéfices arriveront dès 2050 ! A peine deux générations !
 Mais il y avait un problème : Qui allait décider de ces sacrifices exigés par la terrible Science ?  Les dirigeants des pays désignés comme grands pêcheurs en CO2, sommés de sacrifier leurs budgets sur l’autel de la Science  par ses Grands Prêtres, vêtus de la probité candide et du lin blanc de l’ordre des Templiers de l’ONU. Ils se sont alors rappelés qu’ils sont des élus espérant leur réélection et que l’autre Déesse implacable, la maudite Démocratie ne leur pardonnera pas cette augmentation des déjà très lourdes prébendes appliquées aux contribuables-citoyens.
Après ce triste épisode, Il est donc temps que les scientifiques, fatigués d’être invoqués mais non consultés, représentés par des personnages nommés par les pouvoirs  politiques, reprennent le contrôle des études des nombreuses disciplines dont les progrès sont indispensables pour comprendre les phénomènes climatiques. Evacuons au passage les pitres médiatiques qui ont cru pouvoir interpréter des artefacts scientifiques pour le bon peuple. Celui ci ne s’y laisse plus prendre et il suffit de voir la façon dont ils sont brocardés dans les forums Internet pour constater combien la Roche Tarpéienne est toujours voisine des studios télé !
Une première remise de pendule à l’heure concerne l’expression des problèmes.
Tout d’ abord, il faut arrêter de parler du climat. Dans les échelles de temps de quelques années qui nous préoccupent, nous sommes intéressés par l’évolution « des climats », ceux qu’on nous  a enseignés au secondaire. Ces évolutions sont peut être corrélées, mais ont aussi leurs caractéristiques propres. A l’appui de cette affirmation, je pose les questions suivantes :




Pourquoi la moyenne du réchauffement observé dans les dix dernières années est elle limitée à l’hémisphère Nord ?
Pourquoi la fonte de la banquise arctique (d’ailleurs stoppée depuis deux ans alors que le CO2 et le méthane continuent à s’accumuler) n’a pas lieu en Antarctique ?
L’effet de serre est il constant en fonction de la longitude, de la latitude, et des saisons ?
Quelles explications à la vague de froid actuelle, qui est présente sur tout l’hémisphère Nord et qui donne lieu à des températures inconnues depuis 50 ans ?
Qu’en pensent les fameux modèles du GIEC ? Accessoirement, que prévoient ils pour 2010,2011 ?
Y a-t-il un lien avec les températures excessives actuelles de l’été australien ?
Je viens de même de lire sur « Dot Earth », site d’ailleurs écologique mais assez ouvert à la discussion scientifique qu’on vient de trouver un paramètre, la pression atmosphérique arctique, dont les variations seraient corrélées avec la température de l’hémisphère Nord. Or la forte baisse de ce paramètre depuis deux ans semble confirmer que le refroidissement actuel est un phénomène durable.
Ce phénomène est il pris en compte dans les modèles du GIEC ?
En clair, on voudrait une transparence sur les modèles du GIEC. Une bonne façon de faire bénéficier le public des prévisions de température, non seulement pour l’ année 2050,trop  lointaine pour beaucoup, mais pour les années prochaines. Le bon sens fait penser que ces prévisions devraient être d’autant plus précises que l’échéance est proche. Le public pourrait ainsi en temps quasiment réel vivre les difficultés de prévision des modèles, comprendre leurs corrections et améliorations.
Il y aurait à coup sûr un grand intérêt du public, car le temps qu’il va faire intéresse tout le monde et il serait pédagogique que le public comprenne les difficultés de l’exercice.
La même technique de communication serait bienvenue pour le niveau moyen des mers, dont on ne connaît que 3 chiffres : 17cm, 1mm/an et 3mm/an.
Ce serait bien d’ailleurs d’expliquer comment on peut mesurer une grandeur tout de même assez virtuelle avec une telle précision.
Il y a un défaut majeur dans les explications données concernant le climat : on assimile sans état d’âme corrélation et explication. La véritable explication de l’effet de serre serait une loi validée expérimentalement  des fonctions de transfert du rayonnement solaire , dans les conditions de la haute atmosphère, avec les bonnes concentrations de gaz, dans un sens et de la fonction de transfert des infrarouges émis par le sol, ou la mer, ou le sol neigeux dans l’autre sens. Ce serait très intéressant, mais insuffisant, car il faudrait par exemple aussi introduire les différents types de nuages et mesurer les mêmes fonctions de transfert dans tous les cas de figure. Et ensuite, avec une petite intégrale quadruple (3 dimensions plus le temps), on pourra peut être se rapprocher de la  connaissance du bilan thermique terrestre.
On en est aujourd’hui très loin et on nous présente des valeurs de grandeurs aussi virtuelles que la ménagère de cinquante ans du PAF. C’est bien le problème, et c’est ce qui rend possibles les divagations Nostradamusiennes, qui ne sont pas bien sûr le fait de tous les climatologues !
L’établissement d’ un programme des recherches qu’il faudrait faire est un énorme travail de réflexion.
Mais il ya des sujets d’évidents : Il faut par exemple  observer à plus grande échelle qu’actuellement tous les paramètres climatiques, les mesurer et diffuser de façon large ces mesures aux non spécialistes qui s’intéressent à la problématique climatique pour leur permettre de suivre les progrès des connaissances.
Il faut faire aussi de nombreuses expérimentations lourdes. Par exemple, la compréhension de notre planète et en particulier de ce qui se passe en haute altitude nécessite des progrès en physique et en chimie, du fait  par exemple des effets des rayons cosmiques. De même la connaissance du soleil est très insuffisante et elle peut progresser grâce aux recherches en fusion nucléaire, qui vont disposer   du nouveau laboratoire du CESTA, près de Bordeaux ou au recherches autour du réacteur prototype ITER de Cadarache. Il ne faut pas oublier les sciences humaines dans la démarche, puisque les conséquences des évolutions climatiques sont au cœur des problèmes de société. Les recherches en agriculture sont aussi fondamentales, avec des sujets comme l’évolution des sols et des végétations en relation avec les climats locaux et la sélection de plantes transgéniques adaptées aux conditions présentes ou futures. Ce ne sont que quelques exemples : il y a en fait peu de disciplines qui ne sont pas peu ou prou concernées.
A l’évidence, ce programme est immense, et primordial pour l’humanité. Il nécessite des moyens considérables, mais on n’exige pas tous les résultats immédiatement !
C’est à coup sûr le programme par excellence qui peut amener tous les pays à coopérer, car nous sommes tous concernés.


Ceci n’a rien d’irréalisable : La recherche en Physique de Haute Energie, qui a mis en œuvre des moyens considérables pour la construction des accélérateurs et collisionneurs, fonctionne sur ce modèle d’une coopération mondiale totalement ouverte. De même, la recherche spatiale a eu une réussite remarquable obtenue par une coopération européenne forte, et mondiale bonne.
Il ne faut certainement pas créer de nouveaux laboratoires ex nihilo, et certainement pas sous la responsabilité de l’ONU.
Il faut mettre sur le pont les meilleurs experts mondiaux pour d’abord établir un programme de recherche global et bien articulé et recenser les laboratoires compétents. Ceci doit se faire sous le contrôle des ministères de l’Industrie et de la Recherche (et non des ministères de l’environnement !).
 L’Europe bénéficie d’un grand vécu de travail coopératif, illustré par les réussites de l ’ESA ,du CERN et en Télécommunications par le succès du standard européen de téléphonie mobile,  avec le GSM qui a favorisé le succès industriel de Nokia.
Comment initier une telle aventure scientifique ?
Nul doute que scientifiques et politiques auront des idées.
Je me permets de faire la suggestion suivante : Demandons  aux Académies des Sciences, qui existent dans tous les pays industrialisés, qui sont pluridisciplinaires par nature, d’initialiser ensemble le projet de recherches sur les climats avant de le soumettre aux institutions.
Une alternative, qui n’est pas contradictoire, est de prendre l’initiative au niveau européen où des structures de coordination de la Recherche existent.
Notre commissaire européen du changement climatique, très traumatisée par les hordes qui ont envahi sa capitale, pourrait peut être trouver là une occasion de rebondir ?

OIER
Claude Guignard

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