La polémique née autour de la décision prise par Eric Besson, en tant que Ministre de l'immigration concernant les tests ADN, ne peut pas laisser indifférent.
D'un coté, et il suffit de se souvenir des enseignements de Claude Levi-Strauss, on sait bien que dans beaucoup de communautés les règles de la famille n'ont pas grand chose à voir avec celles qui
existent dans le monde occidental. Et à ce stade, on ne peut que donner raison au chef de l'Etat lorsqu'il dit clairement : "Les ADN, ça ne sert à rien. C'est stupide" (source AFP).
Certes, la décision d'Eric Besson remet en cause un principe républicain sur l'application des lois votés et le chef de l'Etat a encore raison lorsqu'il dit : "Il ne faut pas dire aux députés qu'on
ne va pas appliquer leurs lois".
On ne peut toutefois laissé faire tout et son contraire. "Cette histoire est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire"comme le souligne encore le chef de l'état.
En fait cette loi pose la question de la boulimie législative à laquelle on assiste depuis quelques temps. La moindre idée, même un peu confuse, devient une loi et chose étrange, sans que personne,
jusqu'à Eric besson ou au Président lui-même ne trouve à redire.
Ce phénomène de boulimie "législative" est devenu tellement préoccupant que certains psychiatres et psychologues ont même engagé des études à ce propos sur le comportement de certains de nos
élus.
Certes la décision d’Eric Besson peut aussi être un exemple à suivre pour ses collègues face à une loi « incongrue ». Ainsi Michelle Alliot-Marie a qualifié elle-même d'absurde la loi voté sur
l'interdiction de dissolution des associations condamnées pour escroquerie. Elle précise que cette loi est le résultat d'une erreur matérielle qui sera réparée dans les plus brefs délais. Mais que
faire en attendant la réparation ? D’autant que cette loi ne bénéficie pas à la seule Scientologie, mais aussi à un nombre non négligeable de petits arnaqueurs en tout genre.
Mais le plus grave dans le cas de la loi sur la « non dissolution » est à l’évidence la confidentialité qui a entouré et son élaboration et son vote et que tout cela pose la question de la
vigilance de nos élus...comment a -t-il été possible qu'une telle aberration, qui par ailleurs remet en cause une jurisprudence constante de la cour de cassation, ait pu passer "inaperçu"...y
compris d'ailleurs pour ceux qui l'on découverte "trop tard".
Henri de Raincourt (UMP), s'est, d’ailleurs, dit «très choqué» par cette disposition «pour le moins curieuse et contestable».
Jean-Luc Warsmann., qui fut le rapporteur de cette loi, peut, toutefois, facilement se défendre en faisant remarquer : « à aucun moment durant les dix mois du travail parlementaire, personne, ni au
gouvernement ni à l’Assemblée nationale ou au Sénat, de la majorité ou de l’opposition, n’a émis d’objection ».
C’est, bien plus que la loi elle-même, ce manque de vigilance des élus qui est préoccupant. On peut même dire que cette « inattention » a été contagieuse, car pas une association, pas un
journaliste (et on songe aux journalistes parlementaires) n’a réagi à temps.
Y-a-t-il donc désormais la possibilité de faire voter des « lois secrètes » qui ne viennent en plein jour que lorsque l’on doit les appliquer ?
Va t’on apprendre, un beau jour, qu’une loi a prévu la démolition de la Tour Eiffel ou la construction d’un immeuble de bureaux sur la place de la Concorde ?